|
S'implanter au Japon ... Les conditions sont-elles enfin idéales?
Un marché riche, un yen
fort, des Français jamais autant respectés, des concurrents démotivés,
de nouveaux canaux de distribution, des opportunités dans l'Internet
mobile: les conditions n'ont jamais été aussi favorables pour
s'implanter au Japon. Novembre 2000.
Le Japon s'est construit une solide réputation
de marché fermé et mercantile (définit une économie qui exporte
beaucoup et importe peu) depuis le début de ses relations avec
l'Occident. Il avait fallu accompagner le Général MacArthur pour avoir
la chance de prendre une part de marché significative au Japon :
Coca-Cola, IBM ont été de ces happy few.
Avec l'ouverture négociée des économies
(le Kennedy Round et les conférences suivantes jusqu'à la création de
l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC), le Japon a encore renforcé sa
réputation d'un pays protégé : par son insularité, sa langue, sa
distribution, ses différences dans toutes les dimensions. On a tout de même
constaté des ouvertures importantes, notamment dans l'agro-alimentaire (MacDonald's,
KFC, Nestlé) et la mode (nous ne les nommons pas, ils y sont tous et le
Japon est généralement leur premier marché export).
Depuis l'OMC, les succès étrangers au
Japon se multiplient, notamment dans les hautes technologies comme
l'informatique (Intel, Microsoft, Apple, Compaq) et les télécommunications
(Motorola, Lucent, Ericsson, Nokia, Corning).
Aujourd'hui, nous pouvons affirmer que
les conditions d'implantation au Japon sont quasiment idéales :
- Si le Japon garde sa réputation de
marché protégé, il ne la mérite plus. Conséquence pour vous, vous
allez au Japon et votre concurrence internationale est toujours limitée.
- Un facteur limitant a longtemps été
le fort complexe de supériorité des Japonais par rapport à leur modèle
économique et leurs produits : la reprise de Nissan par Renault a été
un symbole fort de la fin de cette situation. Quand un produit étranger
est bon, les consommateurs le reconnaissent et l'achètent.
- Le Japon passe pour une économie en
crise, et c'est vrai. Mais les acheteurs japonais, consommateurs ou
professionnels, sont toujours capables de déployer un pouvoir d'achat
parmi les élevés du globe pour acquérir les produits qui leur
plaisent ou sont susceptibles de les aider dans la compétition économique.
- La distribution japonaise est en
pleine restructuration. Les liens historiques avec leurs fournisseurs
perdent de leur consistance. Le nouvel arrivant est probablement un
excellent partenaire pour ces nouveaux réseaux. Voyez par exemple les
difficultés de Carrefour pour s'approvisionner auprès des
fournisseurs de la distribution traditionnelle !
- Du fait de la crise, de nombreuses
entreprises japonaises ont perdu le moral et se retrouvent affaiblies
par rapport à des sociétés étrangères innovantes et conquérantes.
Dans certains secteurs, on a l'impression de se trouver devant des
chaises vides ... pour l'instant, car rien de montre que cette
situation va durer.
- Enfin, le Yen est à un niveau
historiquement élevé par rapport à l'Euro. Il est urgent de
profiter d'une distorsion importante, la dette publique japonaise étant
l'une des plus importante du monde et l'économie semblant encore
quelque peu atone, alors que l'économie européenne est plutôt saine
en terme d'équilibres commerciaux et budgétaires et de croissance.
Notre
expérience est qu'il fallait compter plusieurs années pour une
implantation réussie au Japon, autrefois. Actuellement, quelques mois
peuvent suffire à celui qui présente des avantages concurrentiels
concrets et adopte une bonne stratégie.
Ci-contre, le Nikkei Weekly du 4/12 fait
sa Une sur l'implantation "en masse" des entreprises françaises,
passant de presque 0 à 5 milliards de dollars en 1999. Le sillon est désormais
tracé.
Autant en profiter ... maintenant !
* * * * * * * * *
* * *
|